UN VENT DE CHANGEMENT SOUFFLE SUR L’EUROPE LA SAGA ET L’INCIDENCE DU BREXIT

Les négociations sur le Brexit auront une incidence importante sur le commerce européen et transatlantique .

En mars 2019, le Royaume-Uni cessera officiellement de faire partie de l’Union européenne. L’échéancier de deux ans, dans le cadre duquel le processus appelé le Brexit devra être réalisé, a été formellement mis en branle en mars 2017 lorsque la première ministre britannique, Theresa May, a activé l’article 50 du Traité de Lisbonne, entamant le processus officiel de séparation entre le R.-U. et ses voisins outre-Manche.

Les modalités précises de la réalisation du Brexit demeurent une question lancinante, tant pour les observateurs de l’économie européenne qu’internationale. L’échéancier de deux ans offrira à chacune des parties la chance de négocier les modalités de leur séparation, mais il entrainera aussi des hésitations et de l’incertitude de la part d’investisseurs internationaux, y compris de ceux qui sont situés en Amérique du Nord; de leur point de vue, le R.-U. est un maillon essentiel des chaines logistiques mondiales et une porte d’entrée et de sortie vitale de l’UE.

Répercussions sur le commerce avec le Canada

Le Canada et le R.-U. ont une relation commerciale bien particulière, comparée à celle que le Canada entretient avec les autres États membres de l’UE. Le R.-U. est le premier partenaire commercial du Canada en Europe. Le commerce bilatéral entre les deux pays totalisait 25 milliards de dollars canadiens en 2016, formant 27 % de la totalité du commerce canadien avec l’Europe.

En tant que membre du Commonwealth britannique, le Canada partage avec le R.-U. un patrimoine commun, et bien des entreprises canadiennes ont longtemps considéré que la force de l’économie britannique, sa langue commune, ainsi que ses similarités, autant dans sa culture que dans son environnement réglementaire, étaient autant de points d’entrées naturelles à un commerce européen élargi.

Bien que des discussions informelles portant sur la relation commerciale bilatérale entre les deux nations dans l’après-Brexit aient déjà été entamées, une entente formelle ne pourra pas être conclue avant la sortie officielle du R.-U. de l’UE. En attendant, de nombreuses entreprises canadiennes ayant noué des relations commerciales avec le R.-U. suivront de près les développements.

Répercussions sur le commerce avec les É.-U.

La Chambre de commerce des États-Unis a reconnu que le Brexit était un enjeu vital pour les intérêts commerciaux américains.

Les É.-U. et le R.-U. sont les premiers investisseurs directs étrangers l’un de l’autre; en effet, les sociétés américaines ont investi plus de 600 milliards de dollars dans le marché du R.-U., créant plus de deux millions d’emplois dans ces deux marchés. Le commerce bilatéral entre les deux pays totalise 235 milliards de dollars chaque année.

Dans bien des cas, les investissements effectués par les entreprises américaines au R.-U. ont profité non seulement au marché du R.-U., mais aussi à celui, plus étendu, des 500 millions de citoyens de l’Union européenne. L’adoption de barrières commerciales entre le R.-U. et l’UE générerait d’importants coûts pour les investisseurs américains et compliquerait considérablement la gestion des chaines logistiques.

Négociations sur le Brexit

Bien que certains observateurs suggèrent qu’un Brexit dur, c’est-à-dire une séparation politique, économique et douanière complète entre le R.-U. et l’UE, soit la conséquence la plus probable des pourparlers relatifs au Brexit, certains autres observateurs de l’industrie croient encore à la possibilité d’un Brexit doux, c’est-à-dire une séparation politique du R.-U. et de l’UE qui conserve néanmoins l’union douanière qui les lie.

Les investisseurs internationaux profiteraient plus d’un Brexit doux puisqu’il leur permettrait de continuer à utiliser le R.-U. comme plateforme d’un commerce élargi vers l’UE, sans devoir se soucier de barrières commerciales lors du transport de marchandises de part et d’autre de la Manche. Malheureusement, nous ne connaitrons pas la teneur exacte du Brexit avant la fin de 2018 ou le début de 2019, amenant plusieurs à se demander s’il ne vaut pas mieux attendre voir de quoi aura l’air l’environnement commercial avant d’investir davantage.

Les pourparlers portant sur la teneur exacte du Brexit ont été entachés de controverses et de désaccords entre les chefs politiques et les responsables du R.-U. Bien que les investisseurs internationaux puissent pousser un soupir de soulagement au vu de l’entente, entre les parties, portant sur une période de transition de deux ans après le Brexit, il demeure une grande part d’incertitude quant au type de relation qu’auront le R.-U. et l’UE pendant cette période et au-delà.

La question irlandaise

Peut-être l’un des obstacles les plus contrariants des pourparlers est la question de savoir comment le Brexit affectera la frontière entre la République d’Irlande, souveraine, et l’Irlande du Nord, une région du R.-U. Les deux entités cohabitent paisiblement depuis la conclusion de l’Accord du Vendredi saint en avril 1998, mais la possibilité de rétablir une frontière « dure » entre elles risque de raviver les tensions, une conséquence que les dirigeants du R.-U. et de l’UE voudraient éviter.

Toutefois, la République d’Irlande est un membre de l’Union européenne et le demeurera, alors que l’Irlande du Nord rompra avec l’UE lors de la réalisation du Brexit. La création d’une frontière douce entre celles-ci pourrait remettre en cause les principaux objectifs du Brexit, à savoir la restriction de la libre circulation des personnes entre l’UE et le R.-U. ainsi que la souveraineté du R.-U. d’adopter ses propres régimes politiques, réglementaires et douaniers. Par contre, l’établissement d’une frontière dure pourrait mener à une recrudescence des tensions.

Le gouvernement britannique de Theresa May propose, en guise de compromis le plus raisonnable, la préservation d’un régime douanier identique à celui de l’UE pendant la période de transition, afin d’éviter un Brexit dur ou brutal. Pourtant, Mme May fait face à une opposition importante au sein de son propre gouvernement. Par exemple, le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnston, avance que la capacité du R.-U. de conclure des accords commerciaux bilatéraux avec d’autres pays sera largement tributaire de sa rupture nette avec l’UE.

Les opposants à la position de Mme May estiment qu’un régime douanier identique entrainera un régime réglementaire identique, ce qui signifiera, à toutes fins pratiques, un marché unique et l’abandon de la séparation avec l’UE. Ils prétendent que l’économie irlandaise dépend fortement du commerce avec le R.-U. et qu’en conséquence, il serait dans l’intérêt fondamental de l’Irlande d’éviter une frontière dure avec le R.-U. En bref, ils estiment que Mme May devrait adopter une position plus forte dans le cadre des négociations.

L’incidence de régimes réglementaires différents

Le Brexit ne créera pas seulement des barrières commerciales sous forme de tarifs ou de droits potentiels imposés sur les envois entrants, ainsi que leurs réciproques outre-Manche, mais des régimes réglementaires différents aussi.

Une des raisons principales pour laquelle les Britanniques ont voté de quitter l’UE était de reprendre le contrôle de certains processus décisionnels politiques et réglementaires. Pour certaines industries hautement réglementées, telles que les industries pharmaceutiques, alimentaires, et chimiques, etc., qui sont établies aussi bien au R.-U. que dans l’UE, cela signifiera sans doute devoir se conformer à deux régimes réglementaires différents, ce qui augmentera les coûts et les délais de mise sur le marché. Cela vaut pour les entreprises établies au R.-U., mais aussi pour les entreprises internationales qui évoluent au sein de ces marchés.

Pour les sociétés qui utilisent le R.-U. comme point d’accès à l’UE, des processus d’entrée incompatibles exigeront d’elles une réorganisation de leurs chaines logistiques. Elles devront s’assurer que les marchandises qui se conforment aux politiques réglementaires de l’UE y entrent directement, tandis que celles qui se conforment aux politiques réglementaires du R.-U. y entrent directement. Les marchandises réglementées qui ne satisfont pas aux exigences réglementaires du R.-U., mais qui satisfont à celles de l’UE pourraient ne pas être admissibles à transiter par le R.-U. ou à y être transférées en route vers l’UE.

Que devraient faire les entreprises internationales en vue de se préparer pour le Brexit?

Puisque le contenu du Brexit fait toujours l’objet de pourparlers actifs entre les parties, il est difficile pour les entreprises de s’organiser de manière définitive, que ce soit du point de vue de l’investissement, du désinvestissement, ou autrement. Beaucoup d’entreprises adoptent donc une approche attentiste, ce qui est prudent au vu de l’incertitude qui règne dans le marché.

Par contre, il se pourrait que le traitement des marchandises dans les installations aéroportuaires ou portuaires du R.-U. fasse l’objet de changements brusques, entrainant des retards coûteux ou des pénalités pour les transporteurs internationaux.

Les entreprises internationales disposant de chaines logistiques actives au R.-U. ou dans l’UE devraient être en train d’envisager les divers scénarios possibles et d’élaborer des plans d’intervention en fonction des conséquences possibles du Brexit. Ces scénarios devraient examiner l’exposition au risque et les opportunités des sociétés sur le plan des processus douaniers, de l’assurance-cautionnement, du risque d’audit, de la conformité réglementaire, de l’encaisse, de l’organisation des voies commerciales, de l’inventaire et de l’entreposage, ainsi que des opportunités de libre-échange dans les régions voisines.

Veuillez contacter Livingston dès aujourd’hui au 1 800 837-1063 pour en apprendre davantage sur la manière dont le Brexit pourrait affecter votre chaine logistique internationale ou dont vous pourrez profiter actuellement d’opportunités commerciales au R.-U. ou dans l’UE.

Soutien aux besoins du client

Livingston continuera de surveiller le progrès des discussions concernant le processus de négociation de Brexit et continuera de fournir des mises à jour.

Si vous avez des questions immédiates, n’hésitez pas à communiquer avec 1-800-837-1063.